jeudi 24 octobre 2013

A ceux qui ne veulent plus se mettre à genoux...



Humiliés, saoûlés, gavés de repentance et de culpabilisation, ils répugnent à cette acte de soumission; ils veulent se tenir droits dans leurs bottes drapés dans une fierté nationaliste ou patriotique (selon le cas). Cette fierté bien que légitime a ses limites : si effectivement elle se raidit devant le rôle de serpillère qu'on lui inflige, elle ne doit devenir orgueil et suffisance.
Plier le genoux est une action terriblement efficace pour demander : elle reste digne, loin de l'aplatissement exécrable du suppliant.
Pour aller encore plus loin, se mettre à genoux, c'est la clé du détachement de l'âme et du corps.
A genoux l'âme peut s'élever vers les plus hautes sphères spirituelles, parfois même (mais rarement) faire léviter le corps qui, ne pouvant se détacher si fortement sans mourir, devra malgré lui suivre cette âme aspirée vers les séraphins.
A genoux, le ciel va s'ouvrir pour cette âme libérée, les saints et les anges vont descendre et créer un avant goût du paradis pour celui qui se sera ainsi livré à ces saintes voluptés.
A genoux enfin, le Bon Dieu lui-même viendra prendre possession d'une âme aimante comme une fiancée.
Qui n'a jamais pénétré dans une église le lendemain d'une adoration nocturne ne peut comprendre l'interpénétration du ciel et de la terre dans ce lieu où se sont tenus à genoux des hommes et des femmes pendant des heures, pendant ces heures où le monde dort, où la nature même fait silence pour laisser la place à des rencontres surnaturelles. Quand vous entrez dans cette église, le matin pour la messe, une atmosphère chaleureuse vous saisit, votre pensée s'arrête, il n'y a rien à comprendre, vous ressentez et c'est tout. C'est chaud, doux et envoûtant, une odeur particulière flotte, une odeur qu'on ne retrouve jamais que dans les fins de nuit d'adoration : elle n'a rien d'entêtant, elle n'a pas de nom, elle est juste agréable. Alors vous vous mettez à genoux parce que vous êtes bien tout simplement, les prières orales semblent tout-à-coup bien pauvres et inutiles, la pensée a besoin de se taire, les yeux de se fermer et le coeur semble vouloir exploser.
Voilà pourquoi il faut savoir s'agenouiller; juste pour entrevoir le paradis et vérifier qu'il existe bel et bien, et que finalement le monde passe mais le ciel demeure...

3 commentaires:

  1. C' est aussi ce que faisait un chevalier que l' on adoube, très joli geste en effet!

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  2. Oui, mais plus que joli il est vraiment symbolique, c'est d'ailleurs une raison pour laquelle nos francs-mac ont enlevé les agenouilloirs des églises pour être bien sûr que les gens ne puissent plus prier réellement, de coeur et d'âme...

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  3. Tu dois cependant accepter que l'on ait une autre approche de la spiritualité. Quant à la sexualité, puisque tu fais je ne sais quels sous-entendus, elle est plus que rarissime dans ma vie.

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